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Le placement des mineurs en droit pénal : entre sanction, protection et accompagnement
Le placement constitue l’une des mesures les plus importantes et les plus sensibles du droit pénal des mineurs.
Lorsqu’un mineur est privé de liberté, la mesure peut être perçue comme une sanction. Pourtant, la logique du droit pénal des mineurs ne se confond pas avec celle du droit pénal des adultes : la prise en compte de la situation personnelle du jeune et de ses besoins éducatifs occupe une place centrale.
- Une mesure qui ne poursuit pas uniquement un objectif de sanction
Le placement peut répondre à plusieurs finalités.
Il peut notamment permettre de soustraire temporairement un mineur à un environnement devenu inadéquat, de lui offrir un cadre éducatif structurant ou encore de permettre une prise en charge adaptée à sa situation.
La privation de liberté ne constitue donc pas nécessairement une fin en soi. Elle peut s’inscrire dans une démarche visant à protéger le mineur et à favoriser son évolution.
Cette particularité illustre l’une des spécificités fondamentales de la justice pénale des mineurs : la réponse à l’infraction doit tenir compte de la personnalité du jeune et de sa situation.
- Un équilibre délicat
Le placement constitue néanmoins une atteinte importante à la liberté du mineur.
Il doit dès lors répondre aux exigences posées par le droit applicable et être adapté aux circonstances concrètes du cas.
La difficulté consiste à trouver un équilibre entre plusieurs impératifs : la protection du mineur, les besoins de la procédure pénale, la prévention de nouvelles infractions et le respect de ses droits fondamentaux.
Cette recherche d’équilibre est particulièrement délicate lorsque les structures spécialisées ne disposent pas des capacités d’accueil nécessaires ou lorsque les besoins du jeune nécessitent une prise en charge particulière.
- Une logique différente de celle du droit pénal des adultes
La justice pénale des mineurs repose sur une philosophie qui accorde une importance particulière à l’éducation et à la protection.
Cette approche conduit à envisager la privation de liberté dans une perspective différente de celle qui prévaut pour les adultes.
Le placement doit ainsi être compris dans le contexte plus large de la prise en charge du mineur : il ne s’agit pas uniquement de déterminer quelle réponse apporter à une infraction, mais également de rechercher une réponse adaptée à un jeune en développement.
- Une réflexion au cœur de la pratique
Ces questions soulèvent des enjeux importants pour les avocats, les autorités pénales et les institutions chargées de l’accueil des mineurs.
Elles exigent de mettre en balance la protection de la société, les droits de la victime, les intérêts du mineur et les objectifs éducatifs de la justice pénale des mineurs.
Me Loïc Parein a récemment consacré une conférence à la question du placement en droit pénal des mineurs, dans le cadre de son activité d’enseignement et de formation continue au sein de l’Université de Fribourg.
À propos de l’auteur
Me Loïc Parein
- Licencié en droit
- Docteur en droit
- Avocat depuis plus de 15 ans
- Spécialiste FSA droit pénal
- Chargé de cours (Unil)
- Ancien chargé de cours (Unige/Unifr)
Actualités
Appréciant prendre du recul et nourrir une réflexion commune, Me Loïc Parein répond si nécessaire aux sollicitations des médias. Il intervient régulièrement dans des formations et est l’auteur de nombreuses publications.
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